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A Propos Des Pseudonymes...

Une partie de l'article de Jean Dauby concerne l'équipe rédactionnelle du journal "Le Galibot". Il désigne les pseudonymes suivant comme ceux de Jules Mousseron : C. Parlimême, J. Barette, L' Garchon Zézèphe, Parigot et Cafougnette (!). D'autres sont facilement attribuables à des auteurs contemporains tels que Jules Tavernier, Léon Delmotte ou Charles Lamy. Par contre, il précise qu'il lui est impossible d'identifier, entre autres, les pseudonymes O. M. Nibus, Hiercheux, K. Fougnies (!) et Cupidon. Il est étrange que les rédacteurs autre que Jules Mousseron soient si facilement identifiables alors que ceux du poète mineur soient plus difficile à cerner. Seul Jules Tavernier signe parfois d'un pseudonyme qui est Seluj Reinrevat. Mais la différence entre ces signatures saute pourtant aux yeux.
Les pseudonymes qu'il attribue à Jules Mousseron sont de plusieurs natures :
- Affective : Parigot vient de l'origine parisienne du père de Jules Mousseron.
- Tiré du travail de la mine : une barette est un casque de mineur, à rapprocher de hiercheux et de porion désignant un poste et un grade dans la mine.
- Veine comique : C. Parlimême, à mettre en parallèle avec O. M. Nibus, Ar. Nitoile, D. Japhet, C. Nemo...
Jean Dauby aurait facilement pu identifier ces auteurs. Il n'aurait pas dû émettre de doute non plus concernant le pseudonyme Cupidon. L'auteur se cachant derrière Cupidon répondait exclusivement au courrier des lecteurs. Mais c'est à un courrier fictif qu'il répondait, comme bien souvent dans les journaux humoristiques. Et parmi ces lecteurs, on peut noter, à plusieurs reprises, la présence de Mlle Laïte. Or, Laïte était un des personnages de Jules Mousseron. De plus, Laïte est le diminutif d'Adélaïde, prénom de la femme de Jules Mousseron ! Une telle information ne pouvait échapper au parfait connaisseur de l'œuvre de Jules Mousseron qu'était Jean Dauby, à moins d'avoir parcouru d'un œil rapide et distrait les différents numéros de la revue qu'il avait entre les mains !
Ceci tend à prouver que cet article a été écrit dans l'urgence et que la courte étude de Jean Dauby relève de la mauvaise foi !
Il faut également insister sur la localisation du "Galibot". Il s'agit d'une revue typiquement Denaisienne. Il convient de rappeler que Denain était une ville ouvrière et spécifiquement minière. Les auteurs n'étaient pas nombreux au début du XXème siècle. Jules Mousseron était même le seul poète patoisant originaire de Denain. Etant donné le nombre de signatures différentes, il est difficle d'imaginer autant d'auteurs vivant à Denain et aux proches alentours.
J'affirme donc que Jules Mousseron s'amusait à multiplier les signatures. Il aurait été étrange de voir tous les articles signés par le seul nom de Jules Mousseron. Cela contribue également à donner un poids certain au contenu de la revue "Le Galibot".
Car le musée de Denain apporte une information intéressante. Jules Mousseron est le fondateur et les rédacteur en chef de la revue "Le Galibot". Il a fait de Cafougnette LE personnage comique de la revue. "Le Galibot" lui a permis de populariser son personnage déjà connu en 1899 par le monologue "Cafougnette à Paris". On peut supposer que la revue lui a servi de test. Cette période lui a donné le temps de caractériser, au sens dramaturgique du terme, le personnage de Cafougnette, autrement dit, de l'approfondir, ce qui lui aurait été impossible dans ses recueils de poésie. Cafougnette est d'ailleurs absent du recueil "Feuillets noircis" datant de 1901.
"Le Galibot" a donc servi de tremplin à Cafougnette en l'installant dans les mentalités, contribuant ainsi à sa renommée future.

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Suite et fin au prochain post !

Salut mes tiots 'Quettes !
Fred Cafougnette