Ch' Blog ed Cafougnette

Cafougnette : personnage typique et folklorique du Nord-Pas de Calais créé par Jules Mousseron. Histoire d'une BD en Patois...

mercredi 5 janvier 2005

Jean Dauby, Jules Mousseron, Cafougnette et les revues "Nord" et "Le Galibot" (3)

Pour clore le sujet, Jean Dauby précise dans la conclusion de son études parue dans la revue "Nord" que : "Après la mort de Mousseron, certains éditeront des disques de Cafougnetteries qui indignèrent ses trois filles par leur caractère grivois d'une part, mais aussi parce qu'elles étaient persuadées que leur père était l'incontastable créateur du Zeph et qu'il en possédait l'exclusivité". Il est à noter que les filles de Jules Mousseron, Anaïs, Denis et Hélène, firent interdirent les disques incriminés...
Le terme Cafougnetteries est intéressant à plus d'un titre. Popurquoi, en 1992, appelle-t-il ici les histoires de Cafougnette des Cafougnetteries et non pas des Cafougnettes ? Le terme n'était donc pas un terme générique... C'est d'ailleurs par le terme Cafougnetterie que Jules Mousseron qualifiait les histoires de Cafougnette. L'appellation des "Cafougnettes" pour désigner une histoire drôle ayant pour héros le personnage de Cafougnette n'est donc pas valable !
Ce qui tend à souligner que l'expression n'est pas si ancienne que ça ! Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le personnage n'avait pas encore la renommée qu'on lui connaît de nos jours. Il n'était pas utilisé, comme l'affirme à tord Jean Dauby, "par de nombreux auteurs régionaux se limitant parfois à l'oralité à la fin du XIXe et au XXe siècle".
Cafougnette n'est donc pas un personnage né d'une tradition orale, mais bien née sous la plume du poète mineur Jules Mousseron. Il est à noter d'ailleurs qu'aucun document écrit antérieur à 1899, année de parution du monologue "Cafougnette à Paris" comportant le personnage de Cafougnette n'existe. Les nombreux dictionnaires picards et patoisants ne le mentionne en aucune manière.
Et si Jean Dauby s'étonne que Jules Mousseron présente en 1904 Cafougnette lors de son voyage à l'exposition, c'est simplement parce que Jules Mousseron a donné des représentations à l'Opéra Comique  de Paris et que Cafougnette, bien évidemment, était un parfait inconnu aux yeux des Parigots !

Salut mes Tiots 'Quettes !
Fred Cafougnette

Posté par Fred Cafougnette à 17:42 - Revue "Nord" & "Le Galibot" - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Jean Dauby, Jules Mousseron, Cafougnette et les revues "Nord" et "Le Galibot" (2)

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A Propos Des Pseudonymes...

Une partie de l'article de Jean Dauby concerne l'équipe rédactionnelle du journal "Le Galibot". Il désigne les pseudonymes suivant comme ceux de Jules Mousseron : C. Parlimême, J. Barette, L' Garchon Zézèphe, Parigot et Cafougnette (!). D'autres sont facilement attribuables à des auteurs contemporains tels que Jules Tavernier, Léon Delmotte ou Charles Lamy. Par contre, il précise qu'il lui est impossible d'identifier, entre autres, les pseudonymes O. M. Nibus, Hiercheux, K. Fougnies (!) et Cupidon. Il est étrange que les rédacteurs autre que Jules Mousseron soient si facilement identifiables alors que ceux du poète mineur soient plus difficile à cerner. Seul Jules Tavernier signe parfois d'un pseudonyme qui est Seluj Reinrevat. Mais la différence entre ces signatures saute pourtant aux yeux.
Les pseudonymes qu'il attribue à Jules Mousseron sont de plusieurs natures :
- Affective : Parigot vient de l'origine parisienne du père de Jules Mousseron.
- Tiré du travail de la mine : une barette est un casque de mineur, à rapprocher de hiercheux et de porion désignant un poste et un grade dans la mine.
- Veine comique : C. Parlimême, à mettre en parallèle avec O. M. Nibus, Ar. Nitoile, D. Japhet, C. Nemo...
Jean Dauby aurait facilement pu identifier ces auteurs. Il n'aurait pas dû émettre de doute non plus concernant le pseudonyme Cupidon. L'auteur se cachant derrière Cupidon répondait exclusivement au courrier des lecteurs. Mais c'est à un courrier fictif qu'il répondait, comme bien souvent dans les journaux humoristiques. Et parmi ces lecteurs, on peut noter, à plusieurs reprises, la présence de Mlle Laïte. Or, Laïte était un des personnages de Jules Mousseron. De plus, Laïte est le diminutif d'Adélaïde, prénom de la femme de Jules Mousseron ! Une telle information ne pouvait échapper au parfait connaisseur de l'œuvre de Jules Mousseron qu'était Jean Dauby, à moins d'avoir parcouru d'un œil rapide et distrait les différents numéros de la revue qu'il avait entre les mains !
Ceci tend à prouver que cet article a été écrit dans l'urgence et que la courte étude de Jean Dauby relève de la mauvaise foi !
Il faut également insister sur la localisation du "Galibot". Il s'agit d'une revue typiquement Denaisienne. Il convient de rappeler que Denain était une ville ouvrière et spécifiquement minière. Les auteurs n'étaient pas nombreux au début du XXème siècle. Jules Mousseron était même le seul poète patoisant originaire de Denain. Etant donné le nombre de signatures différentes, il est difficle d'imaginer autant d'auteurs vivant à Denain et aux proches alentours.
J'affirme donc que Jules Mousseron s'amusait à multiplier les signatures. Il aurait été étrange de voir tous les articles signés par le seul nom de Jules Mousseron. Cela contribue également à donner un poids certain au contenu de la revue "Le Galibot".
Car le musée de Denain apporte une information intéressante. Jules Mousseron est le fondateur et les rédacteur en chef de la revue "Le Galibot". Il a fait de Cafougnette LE personnage comique de la revue. "Le Galibot" lui a permis de populariser son personnage déjà connu en 1899 par le monologue "Cafougnette à Paris". On peut supposer que la revue lui a servi de test. Cette période lui a donné le temps de caractériser, au sens dramaturgique du terme, le personnage de Cafougnette, autrement dit, de l'approfondir, ce qui lui aurait été impossible dans ses recueils de poésie. Cafougnette est d'ailleurs absent du recueil "Feuillets noircis" datant de 1901.
"Le Galibot" a donc servi de tremplin à Cafougnette en l'installant dans les mentalités, contribuant ainsi à sa renommée future.

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Suite et fin au prochain post !

Salut mes tiots 'Quettes !
Fred Cafougnette

Posté par Fred Cafougnette à 08:46 - Revue "Nord" & "Le Galibot" - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Jean Dauby, Jules Mousseron, Cafougnette et les revues "Nord" et "Le Galibot" (1)

Lors du procès contre Guy D, j'ai eu entre les mains de nombreux documents. L'un d'entre eux m'a particulièrement hérissé le poil ! Après diverses recherches, je suis arrivé à ces conclusions là...

Jean Dauby a écrit en juin 1992 un article paru dans la revue "Nord" (revue de critique et de création littéraire du Nord-Pas de Calais). Il y explique que Jules Mousseron n'est pas le créateur de Cafougnette !
Mais cet article a été écrit dans l'urgence et n'est pas impartial. Un échange de courriers entre lui, un éditeur Valenciennois et les ayant-droits de Jules Mousseron le prouve. Ces courriers avaient pour but la réédition des trois tomes de Jean Dauby consacrés à l'œuvre de Jules Mousseron : "Tout Cafougnette", "A l' Fosse"et "A l' Ducasse". Au mois de mai 1992, Jean Dauby donne son accord pour une réédition incluant les préfaces d'origine et les analyses de l'œuvre. Notamment celle sur Cafougnette qu'il autorise dans son intégralité et dans laquelle il indique clairement la paternité de Cafougnette à Jules Mousseron.
Ayant pris connaissance du refus de la famille de rééditer ses livres, et donc signifiant pour lui la perte d'une source de revenue basée sur les droits d'auteur de ses études, Jean Dauby publie dans la foulée un article mettant en cause cette paternité à travers la revue "Le Galibot" parue à Denain de juillet 1900 au printemps 1902.
Jean Dauby jouissait, et jouit encore, d'une notoriété incontestable dans les milieux littéraires et universitaires du Nord - Pas de Calais. Et ceci depuis la parution de sa première étude sur le personnage de Cafougnette, publiée en préface au livre "Tout Cafougnette". Cette analyse a d'ailleurs été reprise, souvent intégralement, dans de nombreux travaux universitaires. J. Dauby savait, de part sa position, que de nombreuses personnes prendraient au pied de la lettre ses suppositions... et sa bonne foi !
Mais était-il vraiment de bonne foi ? Comment Jean Dauby a t-il pu mener en moins de 15 jours une étude détaillée et sérieuse sur cette revue et la place de Cafougnette dans l'œuvre de Jules Mousseron ? Il précise qu'il n'a eu que très récemment connaissance de cette revue et qu'il n'a pas eu l'intégralité de la revue "Le Galibot" entre les mains. Or, elle est disponible à la Bibliothèque Nationale de France. Des recherches plus poussées, ce qu'auraient fait des universitaires dignes de ce nom, lui auraient permis de trouver les numéros manquants... A moins... Amoins qu'il ne sache déjà ce qu'il allait affirmer, Jean Dauby aurait dû mener une enquête approfondie sur l'origine de la revue. Son étude n'est pas impartiale. Loin de là. Elle a été menée dans le but de régler ses comptes avec la famille de Jules Mousseron !

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A suivre, l'analyse proprement dite de l'article parue dans la revue Nord.

Salut mes tiots 'Quettes !
Fred Cafougnette

Posté par Fred Cafougnette à 08:40 - Revue "Nord" & "Le Galibot" - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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