... Et à son commentaire sur le "post" Interlude.
Merci de vous réjouir de la traduction de Lucky Luke que vous n'avez pas encore lu !
Mais...
Ma démarche n'est pas celle d'un ardent défenseur du Picard ou du rouchi. Je laisse à d'autres personnes plus compétentes le soin de le défendre. Ainsi, "Lucky Luke" a été traduit en "ch'ti", en patois, ni plus ni moins. Je me suis essentiellement basé sur le Lexique Rouchi-Français de Jean Dauby. J'ai veillé à ce que la traduction soit plaisante à lire, amusante, non rébarbative et sans prise de tête. Le Picard n'est quasiment compris que par les universitaires. Je n'ai pas réussi à aller plus loin que les premières pages (et encore) des précédents albums BD traduits en Picard. J'ai eu l'impression qu'ils étaient plus destinée à être analysés dans les amphis que découverts par tout un chacun confortablement installé dans un chez-soi douillet. Je ne voulais en aucun cas reproduire le même cas de figure avec Lucky Luke. J'ai cherché, avec modestie, à retrouver à l'écrit cet accent drôle comme l'appelle Jacques Bonnaffé. Cet accent que l'on entend encore par endroits et qui me renvoit à des visages anciens burinés par les aléas de leur vie quotidienne et où s'inscrivent des falaises morcelées par le dur labeur du temps (Fichtre ! Quel envolée lyrique !!!).
Autre précision, "Lucky Luke" n'a strictement rien à voir avec Jules Mousseron.
Il existe parfois 4 à 5 manières différentes (voir plus) d'écrire le même mot ou la même expression. Elles changeaient d'ailleurs d'un village à un autre, d'un coron à une courée. Comment choisir si ce n'est par une consonnance flatteuse, une sonorité agréable ou une tournure comique, sans oublier qu'il faut également pouvoir les caser dans une bulle qui n'est pas extensible...
L'idée sous-jacente de votre commentaire est également dirigée contre ceux qui utilisent à leur propre compte la fierté des gens du nord. Ils atteignent, sous le falacieux prétexte de défense du folklore, des sommets de vulgarité. Je suis entièrement d'accord avec vous. Ce n'est pas, comme vous dites, un parler d'imbéciles maléable et ridiculisable à merci.
Le seul respect pour ce langage est, pour moi, celui du cœur et de mes souvenirs...

A bon entendeur,

Salut Mes Tiots 'Quettes,
Fred Cafougnette